Série d’été (1/2) : L’extrême droite dans nos murs

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Pour l’été, le podcast « Hérétiques » s’offre un répit et propose, sans prétendre à l’originalité, des « séries d’été ».

C’est l’occasion de nous retourner sur la vingtaine d’émissions enregistrées en deux ans.

Leur enchaînement, mois après mois, peut paraître hétéroclite, foisonnant, insaisissable, désordonné.

Voici donc quelques tentatives de nouer ces fils épars autour de certaines thématiques, de tirer de cette profusion quelques lignes directrices.

Il ne s’agit pas d’imposer une cohérence factice ni de révéler un ordre caché mais de proposer une interprétation, la nôtre, à des auditeurs et des invités qui ont également les leurs, et peut-être meilleures, de notre propre travail.

Nos modestes moyens ne nous permettent pas de faire plus qu’une présentation de quelques minutes, renvoyant chaque fois aux différentes émissions en question, qui y prennent alors un sens particulier sans, évidemment, s’y réduire.

On retrouvera bien entendu tous les podcasts mentionnés sur les plateformes d’écoute, mais aussi sur notre site (heretiques.fr) où une page est consacrée au thème développé ici, thème renvoyant à celles des émissions en question.


Pour ce mois de juillet, nous proposons le thème, d’actualité, de l’extrême droite, bien moins simple qu’il n’y paraît.


Cela fait longtemps que le terme d’extrême droite n’est plus une catégorie politique mais un simple anathème. Comme tant d’autres mots importants, il serait essentiel de lui redonner un sens. Une première approche permet de dégager quelques critères simples : refus fondamental du principe démocratique, oppression des femmes, obsession d’un bouc émissaire, nostalgie d’un passé mythifié et volonté d’expansion.

Il est facile d’illustrer chacun de ces points, et il s’en dégage deux conséquences immédiates. La première est que les partis français dits « d’extrême droite », le Rassemblement national en premier lieu, n’en sont nullement. Si leur passé peut les y ancrer, comme le passé de la gauche en fait l’héritière des plus importants et meurtriers totalitarismes, leur actualité depuis trois décennies les décrit comme une droite nationaliste, capitaliste et démagogique, comparable à celle des années 1970-1980.

La seconde conséquence de ce distinguo est le plus important : il fait de la religion musulmane rigoureusement pratiquée une authentique extrême droite, religieuse qui plus est. Sa mentalité extraordinairement archaïque, son prosélytisme compulsif et sa violence assumée sont des traits que nous avions crus disparus depuis 1945, sinon depuis des siècles, et qui nous plongent dans la sidération, l’incrédulité ou le déni pur et simple.

On s’en convaincra facilement à l’écoute de notre invitée Sonya Zadig, auteur de l’autobiographie Soumise, dans l’émission « L’individu en islam et en Occident », diffusée en avril 2023. Cette psychologue clinicienne narre le parcours douloureux qui l’a amenée à quitter l’islam, où l’individu n’existe littéralement pas : le dogme mahométan ne laisse aucune place au sujet pensant, la personne n’existant qu’en tant que membre de la famille, du clan, de la communauté, de la « Oumma », et à une place fixe. En finir avec l’individualité, son imprévisibilité, sa créativité, sa liberté face aux déterminismes naturels ou divins est une constante de l’extrême droite.

C’est une réalité similaire que décrit le militant Naëm Bestandji, auteur du livre Le Linceul du féminisme, dans l’émission « Voile, féminisme et islam » de novembre 2022 : un univers clos entièrement dicté par la vérité révélée par un livre sacré, où les femmes doivent se dissimuler, où la féminité est une infériorité, où le féminisme est tout simplement inconcevable. L’oppression des femmes est, en islam, sans commune mesure avec ce qu’elle a pu être en Occident, y compris dans tous les régimes modernes de type totalitaire ou même au Moyen Âge, qui reste un âge d’or pour le monde musulman.

L’écrivain Boualem Sansal, quant à lui, notamment auteur du roman 2084, développe très bien cette nostalgie mythifiée, liée à la volonté d’expansion de l’islam historique, dans l’entretien « Islamisme, immigration et impérialisme » de février dernier. Ce projet de domination mondiale vise à restaurer la prophétie initiale de Mahomet contenue dans le Coran, mais il se heurte à la semi-occidentalisation des sociétés arabo-musulmanes, l’échec de leurs décolonisations et leurs profonds dysfonctionnements internes. L’émigration paraît alors une porte de sortie, mais qui ne fait qu’approfondir le problème : en se plaçant dans une situation de colonisé volontaire, celui qui rallie le pays de l’ex-colonisateur y introduit, bien souvent, ce qu’il y fuit : cette mentalité d’extrême droite religieuse routinière au sein de sociétés européennes largement sécularisées.

On écoutera à ce propos le podcast de février 2023, « Une société multiculturelle est-elle viable ? », où Céline Pina, auteur du livre Silence coupable, s’interroge sur la possibilité de ce modèle tant vanté. Sa réponse est, si l’on peut dire, aussi claire que sombre : en l’absence de désir d’assimilation à la société d’accueil, tout tend à montrer que le multiculturalisme ne peut qu’être une phase transitoire vers la domination d’une communauté sur une autre. Les divers exemples de réapparition du statut de « dhimmi », citoyen de seconde zone, dans les lieux contrôlés par l’islam en France comme ailleurs, parlent d’eux-mêmes.

Tel est également le triste constat que dresse l’historien Georges Bensoussan, auteur de Un exil français. Un historien devant la justice, dans l’entretien écrit qu’il nous avait accordé en juillet dernier : « L’antiracisme dévoyé est une arme de classe ». Victime d’un djihad judiciaire pour avoir dénoncé l’antisémitisme d’origine musulmane, il nous explique les racines millénaires de cette fascination de l’islam pour la figure du juif et décrit parfaitement les automatismes pogromistes qui se réactivent ici depuis l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre dernier. L’apparition d’une telle haine sur des terres européennes que l’on croyait immunisées devrait faire l’objet d’une condamnation unanime. C’est le contraire qui advient puisque c’est celui qui s’y risque qui se fera accuser de racisme… Nous voilà au cœur d’une situation délirante qui interroge profondément.

Car l’islam tel que l’ont décrit nos invités est une extrême droite authentique : sa vérité fondamentale est divine et ne peut que congédier le principe démocratique ; les femmes ne peuvent y avoir qu’un statut d’inférieures ontologiques ; la figure du juif complotiste et omnipotent est une obsession permettant à la communauté d’exorciser ses démons ; son objectif final reste la restauration impériale d’une domination mondiale d’Allah. Cette extrême droite, la seule aujourd’hui qui soit aussi radicale, aussi populaire, aussi croissante, aussi puissante, ne rencontre, en même temps, qu’indulgence irréelle.

C’est cette énigme qui est au fondement de l’invitation, en juin 2023, du psychanalyste Daniel Sibony, auteur du livre Islam, phobie, culpabilité, à l’origine de l’émission intitulée « L’Occident et sa culpabilité narcissique ». Face à la monstruosité du projet islamique contemporain, l’individu occidental ne le dénoncera pas – ce serait admettre qu’il n’est plus le seul à régner sur le monde –, il l’excusera comme étant le fruit de ses propres méfaits passés, présents ou à venir. L’islamiste ordinaire ne pourrait ainsi qu’être un nécessiteux, un oppressé, un « racisé », éternelle victime d’une puissance occidentale toujours intacte et toute-puissante, en réalité narcissique, auto-centrée et refusant de voir son propre déclin. Cette fausse bonté d’âme bien-pensante est évidemment interprétée par les djihadistes civils ou guerriers comme un signe supplémentaire de l’excellence du dogme mahométan, dont l’échec est systématiquement expliqué par les complots omniprésents qui le cernent. C’est ainsi que, protégé par la repentance, la culpabilité et la contrition occidentales, le projet de l’extrême droite musulmane avance, créateur de chaos plus que de piété, accusant quiconque le contrarie d’« islamophobie », cette condamnation à mort qui n’attend que ses exécuteurs.

En Europe, l’extrême droite musulmane n’est pas aux portes du pouvoir : elle est dans nos murs, infiltre territoires et institutions, s’étend et se radicalise, intimide, chasse, terrorise, torture et tue avec la complicité de tous ceux qu’elle fascine, prospérant sur la dévastation et l’anomie qu’elle provoque. Elle se pose, de fait, en modèle pour tous les autres totalitarismes, et se met déjà à inspirer une extrême droite catholique. Mais ce sont surtout les courants d’héritage marxistes-léninistes qui n’hésitent plus à s’allier avec l’islam et, par un retournement logique stupéfiant, à faire passer tous ceux qui les dénoncent pour une figure du Mal absolu. Ce sont les acteurs de cette mystification qui seront l’objet de notre prochaine série d’été.

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