Derrière le mythe de l’amour universel de la nature, que chacun d’entre nous prétend ressentir, se cache une réalité moins honorable : une haine indicible pour cet univers incontrôlable, mouvant et contradictoire qui échappe obstinément à notre volonté. Du fond de l’inconscient comme du cœur des sociétés historiques sourd une profonde ambivalence que l’on peine à masquer derrière les meilleurs sentiments du monde. L’écologisme lui-même, en croyant la nature bienveillante, est une manière contournée de la rendre maîtrisable. Cet aveuglement n’est-il pas le premier obstacle à la recherche de solutions ?
Christian Godin est enseignant et philosophe, ses travaux portent entre autres sur la morale, la justice, la psychanalyse, la bêtise ou l’utopie ainsi que l’écologie, notamment à travers La haine de la nature en 2012, qui tente d’explorer la face sombre de nos sentiments face aux éléments naturels.




















3 réponses à “La haine de la nature (avec Christian Godin)”
Monsieur Godin semble curieusement avoir oublié qu’avant le monothéisme catholique est apparu le monothéisme juif. Dommage car s’il s’était sérieusement intéressé au second, il aurait eu la surprise d’y trouver clairement exprimé un souci de la nature et de l’animal, un impératif de limite dans le rapport de l’homme à ces derniers. Mais alors il lui aurait fallu revoir sa thèse et affronter la complexité de son sujet.
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Le livre de Christian Godin ne fait nullement cette impasse. Par contre Arnaud Blaret, dans notre émissions « Les théologiens de l’écologie » (https://heretiques.fr/2024/11/01/les-theologiens-de-lecologie-avec-arnaud-blaret/) évoque préciséement ce « souci de la nature » émanant de la superstition monothéiste, et ses conséquences catastrophiques aujourd’hui.
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Bonjour, je n’entends pas la position juive dans cette émission. A moins qu’il faille (à tort) sous-entendre derrière la position catholique, ce qui est couramment signalé comme judéo-christianisme.
D’autre part, je ne vois pas en quoi il y aurait une position superstitieuse dans le fait d’exprimer qu’il importe de se garder d’une exploitation irraisonnée de la nature.
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