Ce que l’on appelle « l’intelligence artificielle » fait déjà partie de notre quotidien, que nous le voulions ou non. Surgie du monde de la science-fiction, elle rend notre réalité encore plus irréelle, imposant une multitude de questions, toutes plus pressantes et paniquantes les unes que les autres.
Mais il ne s’agit pas là d’une révolution, plutôt d’un approfondissement des traits les plus régressifs de nos sociétés, mêlant surveillance de masse et foule solitaire, fuite de la condition humaine, conformisme mental et destruction de la pensée et du langage. Nous vivons simplement une nouvelle étape dans l’industrialisation de la bêtise.
François Rastier est linguiste, auteur engagé contre la déconstruction et animateur du site « la reconstruction ». Nous l’avions interrogé, il y a un an et demi, à propos des héritiers woke et décoloniaux du philosophe Martin Heidegger. Nous le recevons aujourd’hui pour son livre L’IA m’a tué. Comprendre un monde post-humain (Éditions Intervalles) où il tente de cerner les enjeux de cet objet techno-fantasmatique qu’est « l’intelligence artificielle ».















